23 Structure et parties du Livre

230 Vues d’ensemble

Reliure.

Couverture (Brochage). Feuillets de garde. Faux-titre.

Page-titre. Sous-titre. Frontispice, Préliminaires. Dédicace.

Préface.

Introduction. (Le livre

Oeuvre proprement dite (Corps de l’ouvrage)

Divisions.

Parties, chapitres, sections, paragraphes, alinéas, intitulés, numérotation, sommaire. Pages.

Pagination. Titre courant.

Rappels en marge.

Notes marginales.

Texte et Illustrations.

Caractères (Majuscules, minuscules, signes). Vignettes, figures, illustrations.

Tableaux.

Tables.

Table méthodique.

Matières.

Index alphabéticque. Personnes.

Lieux.

Répertoire chronologique. Appendices.

Planches hors texte. Annexes.

Le volume est la division matérielle d’un ouvrage. Le tome en est la partie intellectuelle.

  1. Un livre a diverses parties: La reliure. — la couverture, — le titre (titre, faux-titre, sous-titre, frontispice), — les préliminaires (dédicace, préface, introduction, préambule); — l’œuvre proprement dite, les Tables des matières et index, les appendices (annexes, planches hors texte).

  2. Le livre présente d’abord sa page titre avec le titre de l’ouvrage, le nom de l’auteur, ses qualités, le rang de l’édition, la date de publication.

  3. Un livre a un auteur (dénommé ou anonyme, réel ou pseudonyme, particulier ou collectif) — l’auteur peut avoir un ou plusieurs collaborateurs; — il peut être auteur de l’œuvre ou simple éditeur de l’œuvre d’autrui.

  4. La division matérielle de l’œuvre se fait en volumes, livraisons ou fascicules, feuilles et pages.

On peut convenir d une terminologie d’après le nombre de pages: plaquette (jusqu’à 50 pages); brochure (de 50 à 100 pages); volume (au delà de 100 pages).

La feuille est l’ensemble de la surface imprimée, qui est plié ensuite pour former des pages (feuilles de 4. 8, 16, 32 pages). Un feuillet est In partie d’une feuille de papier formant deux pages (volants, feuilles volantes).

  1. La division intellectuelle de l’œuvre répartit la matière en tranches qui groupent les matières connexes et qui présentent un même enchaînement. Cette division se fait en parties, tomes, chapitres, paragraphes, sections, alinéas, versets. Ces divisions ont des intitulés ou rubriques. des numéros d’ordre et sont parfois accompagnées de sommaires. Les pages portent un numérotage ou pagination et parfois un titre courant, des rappels et des notes infra marginales.

Souvent des introductions ou préfaces expliquent l’objet de l’ouvrage, le point de vue de l’auteur, l’occasion qui a fait écrire l’ouvrage.

  1. Les tables des matières: méthodique ou systématique, alphabétique, chronologique, numérique.

Les tables se réfèrent soit aux matières, soit aux noms de personnes ou de lieux, soit aux dates, soit aux numéros des pièces et documenta.

  1. Les illustrations intercalées dans le texte servent à l’expliquer par la représentation visuelle des objets. Elles ont leur commentaire dans le texte et il y a lieu d’y recourir en chaque cas.

  2. Un livre donne lieu à des reproductions en exem plaires multiples exécutées par un imprimeur (typographe, lithographe, graveur, photographe). On distingue les éditions successives d’un même ouvrage, des réimpressions. On fait les distinctions suivantes:

Un exemplaire est un ouvrage complet, abstraction faite du nombre de pages, aussi bien que du nombre de volumes et de tout ce qu’ils comportent. Il s’applique à l’unité de tirage d’un ouvrage, d’une gravure, etc.

On distingue les tirages effectués successivement (on dit souvent mille), qui n’impliquent aucune idée de correction ni de modification quelconque dans le texte, reproduit souvent, d’après un cliché ou une composition conservée, et les édifions qui supposent un texte revu, remanié ou complété, et qui sont par conséquent recomposés typographiquement.

Certaines œuvres n’existent qu’a l’état de manuscrits, originaux ou copies, ces manuscrits sont parfois de la main de l’auteur (autographes).

  1. Le plus souvent, le livre a un éditeur commercial, il constitue rarement une impression privée.

Mais il y a les publications faites par les administrations publiques (publications officielles) et par les corps savants. Ces publications sont tantôt dans le commerce, tantôt hors commerce.

Le tableau ci-dessus résume ces distinctions et présente les parties d’un livre dans l’ordre de structure qui leur est ordinairement donné, ordre qui n’a rien d’invariable.

Les éléments composant les documents (n° 22) entrent dans la structure du livre. Ils donnent lieu à ses diverses «parties structurées». Il ne sera traité ici que des parties du livre proprement dit et du livre en général. Ce qui concerne le9 parties des diverses espèces de livres et celle des autres documents est traité avec chaque matière spéciale. Les points suivants sont examinés séparément: 1° les titres et indications externes; 2° les préfaces, dédicaces. introductions; 3° le corps de l’ouvrage, son sectionnement. division et chapitres; 4° les tables et index; 5° les appendices et les autres parties de l’ ouvrage.

Chacune des parties du livre a son histoire et ses transformations, chacune a son utilité.

En général les auteurs et les éditeurs se conforment à un ordre devenu traditionnel en les diverses parties du livre et qui est celui énoncé ci-dessus. Des exceptions cependant viennent souvent compliquer la présentation. [^Le système de politique positive de A. Comte, en quatre volumes, donne un cas typique de l’ordonnancement compliqué d’un ouvrage. Le tome 1 comprend une préface et des dédicaces très longues, un complément de la dédicace, un discours préliminaire en cinq parties avec une conclusion générale du discours préliminaire, une introduction fondamentale en trois chapitres (avec un appendice). Le tome II a une préface et un appendice A la préface formée de quatre éléments, un préambule général et sept chapitres suivis d’une conclusion générale du tome 11 Les tomes III et IV sont construits de la même façon. Le tome IV contient une conclusion générale de ce tome, une conclusion totale du système de politique positive, une invocation finale et un appendice du tome quatrième.]

231 Titre et indications externes

Il s’agit ici: 1° du titre et du sous-titre; 2° du nom de (auteur; 3° de la date; 4° de l’adresse bibliographique des éditeurs et imprimeurs.

La page première du livre est dite page-titre, Elle porte le titre, les noms de l’auteur et de ses collaborateur», l’adresse bibliographique.

Le frontispice ou grand titre est le nom donné à ’a page titre d’un grand livre quand elle est ornée d’allégories ou d’autres motifs et aussi de la gravure placée en

tète et qui tiennent à l’œuvre elle-même par une relation régulière.

Des règles ont été adoptées par l’Association des éditeurs anglais pour la rédaction des pages de titre.[^Voir Bulletin de l’I.I.B. 1898, p. 144.]

C’est la page titre qui fournit les principaux éléments de la notice bibliographique. L’I.I.B. a proposé que l’on imprime, sur le plat et au dos de chaque ouvrage, l’indice de la Classification décimale et. au verso de la page titre, une notice bibliographique complète portant, explicitement et en forme régulière, tous les éléments nécessaires à son identification. Cette notice servirait ainsi. Une fois pour toutes, aux diverses descriptions qui en seraient faites. En la reproduisant en triple exemplaire sut feuille détachée (slips) sur fiches, tout possesseur aurait 1: moyen pratique de faire figurer l’ouvrage dans ses cata-logues ou répertoires, sans effort de rédaction ni même de copie.[^Voir comme modèle la publication de l’I, I. B. n 65, Manuel du Répertoire Bibliographique Universel, etc.]

Le U. S. A. Government a pris l’initiative d’insérer dans ses ouvrages une page dite «Library Catalogue Slip» sur laquelle sont imprimées, prêtes pour le bibliothécaire, les entrées par l’auteur, sujet et série.

231.1 Le titre

231.11 Notions

Le titre est le mot ou la phrase avec lesquels s’énonce ou se fait connaître le sujet ou la matière d’une œuvre, de quelque document manuscrit ou imprimé ou de chacune de«parties ou divisions d’un livre. Le titre est souvent trop étendu.

JJ doit décrire fidèlement et adéquatement le contenu du volume, à moins qu’il s agisse d un ouvrage de fantaisie. Il faut que la page titre permette d identifier l’ouvrage. de le classer et de l’indexer.

S’il y a plusieurs sections ou chapitres d’un livre, et qu’ils sont étendus, chaque section doit recevoir un titre intelligible en connexion avec lui.

Erreurs et confusions sont engendrées par des titres inexactes ou vagues. L’impression d’un titre exige que Ton fasse usage de différentes grandeurs de caractères de manière à marquer l’évolution et l’importance comparée des idée».

Tout titre bien fait devrait être une véritable indication de ce que contient le livre, presque sa définition.

Le titre complète l’œuvre ou plutôt la précède, il s’y attache, il en est inséparable. Le titre individualise l’œuvre littéraire et la distingue des œuvres similaires (Cour de F’aris, 19 janvier 1912).

Le titre peut être banal ou générique et nécessaire ou bien il peut être original et constituer lui-même une création littéraire.

Dans les manuscrits et les impressions anciens, l’sincipit» (les premiers mots de l’ouvrage) fait office de titre.

Titres ci sous-titres. — La lisibilité faite de la clarté des caractères, l’ordonnance des titres sont qualité fondamentales. Car le texte est fait avant tout pour être lu.

Le libellé des titres, leur nombre, leur importance relative, leur disposition sont objet de soins. Les titres nets, les sous-titres explicites nombreux. substantiels, don-nent un exposé schématique, mais suffisant à la rigueur, d-? Ja metiere ex potée.

On ne s’est pas borné à désigner des ouvrages par leurs titres. On a en Histoire, donné certains noms à certaines théories. Ainsi, parlant des théories de Male-branche, on appelle l’une la Vision en Dieu et l’autre l’«Hypothèse des causes occasionnelles».

Il y a des livres publiés sous plus d’un titre.[^A modern Proteus, or a list of books published under more than one title. New-York 1884.]

231.12 Historique

A l’origine les ouvrages étaient dépourvus d un titre spécial et rarement ils portaient l’indication du lieu ou de la date de leur exécution. Le premier livre avec un titre, à la moderne, est le Calendario de Jean de Monte-regio (Venise 1476).

Les livres d’Henri Estienne (1502–1520) portent, soit au titre, soit à la fin, Tannée, le mois et même le jour de la publication, quelquefois la formule de la date, avec l’indication de son nom et de sa demeure, comprend des expressions ayant rapport au sujet du livre. Ordinai­rement le titre porte une gravure ou un symbole. Souvent ses ouvrages portent le nom des correcteurs qui en avaient lu les épreuves.

Fourrier, l’inventeur des séries, affectionnait parmi elles la série conjuguée. Ses ouvrages sont coupés de la sorte: avant-propos et post-propos; préface et postface; prolégomènes, cis-légomènes et intermèdes, etc. La tête du livre opposée à la queue, la deuxième division à l’avant-dernière et la conclusion placée au corps de l’ouvrage.

231.13 Caractéristiques du titre

Le titre est au livre ce que la figure est à l’homme. On reconnaît le livre par son titre comme l’homme par son visage. Un titre bien fait doit en peu de mots donner une connaissance exacte à chacun du contenu et des caractères.

Le titre d’un livre a une grande importance; il est en fait fonction de l’époque plutôt que du livre et un livre s’achète surtout sur le titre. Le titre est parfois tout un poème et l’auteur n’en a pas écrit de meilleur. Il y a des règles qui doivent en déterminer le choix. Il faut, paraît-il. se défier du titre formé d’un nom. (Henri Baillère).

On a dit avec raison: le titre doit venir a l’auteur d’un jet ou il ne lui viendra pas heureux, appelant et précis. Un auteur écrit en fonction du titre de son ouvrage.

231.14 Espèces de titres

On distingue: 1° le titre de la couverture; 2° le titre intérieur, souvent plus complet; il fait foi dans les descrip­tions; il comprend: titre et sous-titre; 3° le faux-titre; 4° les titres des diverses parties; 5° les titres en marge des pages; 6° les titre«en haut des pages ou en haut des colonnes (titres courants).

231.15 Desiderata des titres

Evitez le titre commençant par un ou le. Evitez des titres négatifs. Evitez des titres au passif, le présent est préférable. Evitez le mot d’ordre d’un titre. Recherches sur, contribution à sur… Examen de… observation. Ces mots sont des indication«sur la forme matérielle bibliologique ou intellectuelle des ouvrages, non sur leur sujet.

Evitez les titres longs.

Il y a des titres qui sont tout un programme. Ex.:

Le livre de Saint-Simon publié en 1814: «De la réorganisation de la Société européenne et de la nécessité de rassembler les peuples de l’Europe en un seul corps politique en conservant à chacun son indépendance propre».

La publication 126 de l’Union des Associations internationales: «De l’organisation des Forces Internationales et de leur concentration à Genève».

Les recueils d’études ou de nouvelles portent généralement pour titre celui de la première d’entre elles, mais c’est induire en erreur le lecteur du titre.

Il y a double litre quand il y a titre de la collection et titre de la monographie dans la collection.

Certain» des titres portent mention détaillée du contenu. Es:. Dictionary of Philosophy and Psychology including many of the principal conception» of Ethics Logic. Aesthe-tics. Philosophy of religion and giving a terminology in English. French. German and Italian written by many hands and edited by James Mark Baldwin. P. H. D. Princeton.

Il y a titre précis lorsqu’aucun doute n’est possible sur 1 r contenu. Es.: L’Europe moins la France?

Le faux-titre a notamment une raison d’être pour remplir une page blanche quand le titre est tiré sur un quarton 14 pages), après que le tirage du corps de l’ouvrage a déjà été fait. Le faux-titre a aussi l’utilité d isoler la page titre des mentions du verso de la couverture. Ces utilités sont très contestables.

231.16 Titres curieux et indésirables

  1. Les titres des œuvres littéraires peuvent être fantai-sistes; leur fantaisie ou leur profondeur ont souvent un charme prenant. Mais les titres des travaux scientifiques ne sont pas toujours clairs. Ceux des instruments de travail devraient l’être. Qui sous le titre «Les Faux Amis de Derocquigny» découvrira un lexique de mots anglais généralement mal traduits en français. Le langage figuré n’est pas à sa place dans un titre. Il Faut que quelqu’un ne connaissant pas le nom d’un ouvrage puisse en découvrir l’existence par le seul jeu de la logique. (Félix Boillot.) Un titre curieux, énigmatique, c’est comme un mut derrière lequel il pourrait se passer quelque chose.

Le défaut d’esprit synthétique, universaliste, se remarque à propos du titre des livres. Les auteurs donnent des titres généraux au lieu de titres spéciaux, se figurant être seuls à traiter du sujet. C est comme si, au point de vue des auteurs, on devait tout classer sous le mot «écrivains»: il n’y a plus moyen de s’y reconnaître.

  1. Voici quelques exemples de titres inadéquats.[^Livres à titres bizarres. Revue des Bibliothèques et Archives de Belgique, 1906 (sept. déc. 492).]

«Un pape, un empereur, un roi». (Il s’agit de l’examen des droits religieux du Tsar.)

«Di un libro molto prezoso en poco noto». (Prof. C, Castellani, Rivista delle Bibliotteche. anno IV. vol. IV. P 33.)

«Le ver rongeur des sociétés modernes».

«L’envers de la médaille».

«Essai de solution philologique d’une question d’archéologie généralement réputée insoluble».

«Pourquoi nous prononcer pour la négative».

Dans certains recueils de brevets, une bière (cercueil) a été classée parmi les boissons et un orgue électrique (boîte de distribution de courant), ainsi dénommée par son inventeur, a été classée parmi les instruments de musique.

231.17 Place et forme du titre

Deux hypothèses:

A. Le titre vient le premier, suivi du nom de l’auteur car: 1° on lit d’abord le titre puis l’auteur, aux étalages surtout; 2° on obtient un titre plus net car entouré de plus de blanc.

B. Le titre après le nom car: 1° on économise le mot par, ce qui fait une ligne (il est vrai qu’elle compense le tiret après le nom en tête: 2° le titre marque le nom d’une œuvre qui se présente d’une manière autonome. Un bijou, un tableau, un monument ne se signe pas «par».

Des majuscules de même grandeur sont employées pour les mot» du titre. Ceci par analogie avec les inscriptions romaines des monuments, mais c’est un fait qu’un long texte en capitales est difficile à lire. Rien n’accroche l’œil. Des capitales initiales plus grandes sont justifiées.

231.18 Les titres et les notices bibliographiques

La description bibliographique du titre a donné lieu à ces questions: Droit de l’abréger – ou de le modifier pour le rectifier – ou de le développer pour l’expliquer dans les catalogues. (Discussion à la Société royale de Londres.)

D’autre part, le titre sert de base au classement de l’ouvrage. Un auteur a le droit de voir son livre figurer sous la rubrique de son titre et un bibliographe est à couvert si»on classement correspond au titre, sans préjudice des notices classées secondairement aux réels sujets traités.

231.19 Régime juridique du titre

  1. La loi protège le titre comme le livre, mais cette protection est subordonnée a ce fait que le titre soit original et un titre composé.

  2. Le titre d’un journal en France n’est protégé que s’il est déposé au Parquet et si la publication s’en suit. L’usage conserve le droit, le non usage l’éteint, mais un non usage définitif. Donc bien des publications peuvent cesser de paraître sans cesser d’exister, si leur propriétaire en publie un ou deux numéros dans l’année.

  3. Une décision de justice a dit:

«Attendu qu’il n’est pas douteux qu’en choississant le titre «Les Deux Gosses» et en se l’appropriant pour le faire servir à la dénomination de bandes cinématographiques qu’elle met en vente, la société défenderesse, encore que les vues qu’elle reproduit en public par le moyen de ces bandes n’aient aucun rapport avec l’ouvrage de M. Decourcelle, a cependant voulu profiter de la vogue qui s’attachait dans le public à ce titre; Attendu que le droit de fauteur n’est pas limité à la propriété littéraire de son œuvre, puisque ce titre l’individualise et permet de la distinguer des œuvres similaires.» (Tribunal de commerce de la Seine. Art moderne, 1907.)

  1. Le Congrès international des éditeurs a demandé des droits de propriété exclusive des titres caractéristiques de livres.

Vœu n° 60. — «Il est désirable d’adopter un système d’enregistrement de tous les titres caractéristiques, sys terne comportant le droit exclusif de se servir du titre * pendant la durée du droit d’auteur. En Autriche, la protection des titres ett réglée par l’article 22 de la loi sur les droits d’auteur. La jurisprudence des Chambres de commerce et d’industrie se prononce pour l’enregistrement comme marques. En conséquence, non seulement les titres, comme marques verbales, mais aussi en général les pages-titres peuvent être enregistrées par les Chambres do commerce et d’industrie en vertu de la loi sur les marques et modèles.» [^Voir l’édition de la loi autrichienne commentée par le Dr Baron de Seiller, Vienne, Mauz 1904.]

231.2 L’auteur

L’auteur est la personne qui créé ou invente une œuvre, imaginative ou documentaire.

  1. Sur les imprimés, le nom de l’auteur est placé sur la page titre; dans les articles de revue ou de journal, il est souvent placé à la fin.

  2. Dans les manuscrits anciens, il se trouve à la fin. Au moyen âge et à la renaissance, les auteurs latinisaient leur nom, ce qui a donné lieu à beaucoup de confusions dans le catalogage de leurs œuvres.

  3. L’orthographe, surtout celui des noms propres, a été longtemps fantaisiste. Les prononciations locales y contribuaient largement. Ainsi Montarby ou Monterby.

  4. Les ouvrages qui ne portent pas de noms d’auteur sont dits anonymes (sans noms).

L’usage qui consiste à supprimer les noms des auteurs a été appliqué très souvent aux œuvres de femmes. Et c’est là une clé pour les retrouver. Les auteurs masculins ont toujours été cités par les historiens, même quand on leur attribuait les ouvrages des autres, ou quand ils n’avaient peut-être jamais existé, comme Orphée. Pythagore, Zoro-astre et tant d’autres.

Dans les Vers Dorés (p. 189). à propos d’un ouvrage, de Lysis dit: «S’il n’attacha pas son nom à cet ouvrage, c’est qu’à l’époque où il écrivait, l’ancien usage persistait encore de considérer leu choses et non les individus.

Les disciples d’un grand homme n’avaient point d’autre nom que le sien. Tous leurs ouvrages lui étaient attribués. Ceci nous explique comment Vyasa aux Indes. Hermès en Egypte, Orphée en Grèce, ont été supposés les auteurs d’une telle multitude de livres que la vie de plusieurs hommes n’aurait pas même suffi pour les lire. (Fabre d’Olivet.)

Dans le débordement de jalousie sexuelle de cette époque, on attribua à un homme créé par l’imagination des prêtres tous les ouvrages écrits antérieurement à lui par des femmes, dont les noms disparurent à jamais de I Histoire. (Céline Renooz: L’ère de vérité, II, p. 448.)

  1. Parfois des auteurs dissimulent leur véritable identité sous des noms empruntés ou imaginaires. Leurs ouvrages sont alors des pseudonymes.

Cette dissimulation de la personnalité a pour cause le désir d’une plus grande liberté d’expression ou le désir d’échapper à des représailles ou envie.

Il paraît fastidieux à certains d’employer toujours le même pseudonyme et leurs œuvres paraissent sous un très grand nombre de noms.

  1. L’auteur joint souvent à son nom ses propres titres, qualités, notamment ceux de sa profession ou ceux de ses titres scientifiques qui forment son autorité quant à l’ouvrage. Parfois le nom de l’auteur est suivi de l’indication de «on œuvre principale.[^Ex.: Truth of the War, by E. D. Morel. Author of…]

  2. Parfois l’auteur appose va signature ou son paraphe sur les exemplaires de son œuvre.

On trouve souvent le- portrait de fauteur en tête des livres.

231.3 Date. Millésime
  1. En principe les ouvrages doivent être datés.

  2. Dans les manuscrits la date est placée à la fin. Dans les ouvrages imprimés elle est ordinairement placée sous la page titre, parfois en forme «achevé d’imprimer», parfois auprès du nom de l’imprimeur.

  3. Beaucoup d’œuvres ne sont pas datées, sont antidatées ou postdatées. La détermination de la date doit faire parfois l’objet d’études très nombreuses.

Ainsi, l’on débat depuis longtemps la date de la composition des huit livres de la Politique d’Aristote. Tantôt le Livre VIII est attribué aux débuts de la maturité d’Aristote, tantôt à ses dernières années.

  1. Les Elzevirs n’ont daté que très peu de leurs ouvrages, peut être pour ne pas se compromettre aux yeux des puissants.

  2. Des éditeurs prennent ou reprennent la mauvaise habitude de ne pas dater les livres qu’ils publient, de n’y inscrire aucun millésime. L’avantage commercial, c’est qu’ainsi un volume peut garder longtemps l’apparence d’une nouveauté. Mais c’est comme une supercherie, au détriment da la vérité, et cette supercherie est une source d’erreur, en bien des ca». pour les historiens et les critiques. Il est parfois de la plus grande importance de savoir si un ouvrage est antérieur ou postérieur à un autre. A la Bibliothèque Nationale de Paris, on a pris l’habitude, pour remédier à cet inconvénient, d’inscrire au composteur la date de réception de chaque volume non pourvu de millésime. Malheureusement, les imprimeurs ne font pas toujours!e dépôt légal l’année même où parait le volume.

Au Ministère de l’instruction publique français, cette question du millésime a été examinée par le comité des travaux historiques. Unanimement, le vœu a été exprimé que la loi sur le dépôt légal soit modifiée à ce sujet, et qu’il soit ajouté un article ordonnant que le millésime do l’année soit imprimé sur le titre de choque volume. Le gouvernement annonce la sanction de ne plus souscrire à aucun ouvrage qui ne porterait pas d’indication de millésime. Le Copyright oblige les éditeurs à dater leurs livres, mars souvent ils ont soin de placer la mention du Copyright et de la date à une place où nul n’aurait l’idée de la chercher.

  1. Dans les écrits ecclésiastiques, il y a la date du permis d’imprimer (Nihil obstat).

Certains ouvrages qui ont exigé un long temps d’imprimer portent la date de l’achevé d imprimer.

  1. Certains livres sont datés par année, mois et jour. Ex.: Albert Cheron: Les innovations législatives égyptiennes en matière de société. Paris, Rousseau, 26 mai 1931.

  2. Détermination de la date d’ouvrages non datés. —

La citation dans le corps du livre de tiers ouvrages qui sont datés est un moyen de déterminer la date antérieure à laquelle il n’a pu être imprimé.

  1. La contrainte d’exprimer la date de la publication d’un livre en chiffres romains remonte à l’origine de l’imprimerie. Tandis que les règles de l’emploi des chiffres arabes sont certaines en incunables, il n en est pas de même des chiffres romains. Souvent D (500) est exprimé par des éléments 1 3, et M (1000) par C 1 D. Par suite d’addition et de soustraction on est souvent placé devant des sigles. Voici quelques exemples inintelligibles de millésimes rares ou embarrassants.

  |:--------------------------------------|-------:|
  | ⅯⅽⅽⅽⅽⅬⅩⅩⅠⅠ (1000 + 400 + 50 + 20 + 2) | = 1472 |
  | ⅯⅰⅰⅰjⅮ (1000 + 500 – 4)               | = 1493 |
  | ⅯIↃ ⅤⅠⅠⅠ                              | = 1508 |
  1. Les dates ne sont pas les mêmes pour tous les calen­driers. Il est proposé un calendrier universel dû 1 la réforme du calendrier grégorien. La S. D. N. a publié la classification en 9 catégories de divers projets actuelle­ment existants.
231.4 Adresse bibliographique
  1. L’adresse bibliographique (Direccion bibliographies pie de imprenta) est la mention placée ordinairement au pied de la page titre du livre. L’adresse comprend le nom et l’adresse de l’éditeur, tout au moins la ville, et on comprend aussi dons l’adresse la date de publication lu sens étendu du mot.

  2. Les ouvrages portent d ordinaire le nom de l’éditeur. Ils portent quelquefois celui de l’imprimeur. Le premier est porté sur la page titre, le second est souvent indiqué in fine. Des imprimeurs apposent parfois leur signature autographique.

  3. Des circonstances douanières amènent maintenant à indiquer sur les volumes le pays où est imprimé l’ouvrage.

  4. Le «colophon» est le paragraphe placé à la fin des livres imprimés dans lequel est donné le nom et l’adresse de l’imprimeur, le lieu et la date de commence ment ou d’achèvement de la publication ou quelques autres particularités.

  5. Les typographes hollandais ne faisaient jamais figurer leur nom sur leurs productions. Le plus souvent l’éditeur seul signait le livre, sans ajouter s il en était en même temps l’imprimeur.