232 Préface. Introduction

  1. Tout discours préliminaire dont on fait précéder un livre, soit pour en expliquer le plan et l’intention qui a pré idé à sa composition, soit pour gagner la bienveillance du lecteur, prend le nom de préface. On lui donnait autrefois le nom de prologue, mais ce nom aujourd’hui n’est guère employé quu pour les pièces de théâtre. On l’a appelé aussi «Isagoge. préliminaire, préambule».

  2. La préface prend quelquefois le nom d’avant-propos. Elle est elle-même précédée parfois d un avant-propos dont elle est le développement et la justification.

  3. L’introduction présente en un résumé toutes les connaissances nécessaires à l’intelligence de l’ouvrage. Elle fait connaitre. par exemple, l’état de science des arts et des lettres à une époque; elle rappelle les événements au nombre desquels s’encadre la vie ou 1 histoire particulière que l’on va raconter. L’introduction peut se déve-lopper au point de devenir elle-même un véritable ouvrage

  4. En tête d’une édition on établit 1° historique de l’ouvrage: telle édition, année, tirage. Ex.: Encyclopedia Britannica.

  5. Préliminaire. — Ce nom est donné à l’ensemble des chapitres et documents qui en qualité de préambule précèdent le texte de l’œuvre.

On trouve ceci en tête d un livre:

«Pour faciliter au lecteur l’étude de cet ouvrage, je lui conseillerai de commencer par la lecture du dernier chapitre qui résume la direction générale de tous mes arguments.»

La préface concerne: 1° l’origine de l’œuvre; 2° son aspect: 3° ses relations avec les œuvres antérieures de l’auteur ou avec d’autres œuvres; 4° l’indication des collaborateurs et les remerciements; 5° les conditions du travail de l’auteur.

L’usage veut que l’auteur explique comment et pourquoi il a écrit son livre, le but qu’il a poursuivi.

Porphyre, disciple de Plotin, mit aux catégories d’Aristote une préface exacte et élégante que la postérité ne sépara plus de l’ouvrage meme.

Il faut commencer et terminer la lecture d’un ouvrage par la préface: commencer pour savoir dès l’abord ce que l’auteur promet; terminer pour contrôler s’il a tenu parole.

Parfois la préface forme une œuvre par elle-même. Ainsi dans les œuvres de Bernard Shaw.

Dans son traité, «Le salaire, l’évolution sociale r.t ht monnaie». M. Fr. Simiand (Paris. Alcan) commence par indiquer aux lecteurs ce qu’ils doivent lire de son ouvrage selon qu’ils disposent d’un peu de temps, d’une heure ou deux, ou de quelques loisirs.

La dédicace est le paragraphe ou la lettre (épitre dédi-catoire) qui se place au commencement d’une œuvre, ordinairement après la page titre et adressé à la personne à qui elle est offerte. Les dédicaces avaient une grande importance autrefois, où les écrivains, dépendant des seigneurs. devaient manifester de cette dépendance en la proclamant publiquement.

La préface doit définir le but. l’esprit et le plan de l’ouvrage.

Postface. — Elle a sa raison d’être lorsque la publication de l’ouvrage s est poursuivie sur un long espace de temps pour permettre a fauteur de mettre à point certaines questions.

Avertissement. Avis aux lecteurs. — Contient des obser-. vations pratiques sur la manière de se serv:r de l’ouvrage.

But du livre. — Champ du livre. — Ordre du livre et marche de l’ouvrage.

233 Corps de l’ouvrage

Le corps d’un ouvrage c’est le texte lui-même dégagé de tous accessoires tels que préface, préliminaire, appendice, tables, etc.

Le corps consiste dans les matières qui y sont traitées et c’est la partie de l’auteur; entre ces matières, il y a un sujet principal a l’égard duquel tout le reste est seulement accessoire.

233.1 Division, sectionnement des ouvrages
  1. Notion. — Le texte se divise communément en tomes, parties, livres, chapitres, sections, paragraphes, etc, entre lesquels est distribué toute la matière.

Au sectionnement il faut des tables correspondantes. Ces facilités pour le lecteur ne doivent jamais être négligées dans des livres qu’on peut être appelé fréquemment à feuilleter.

Le but du sectionnement est de retenir l’attention, exciter l’intérêt, soulager la mémoire. Il faut y joindre une habile disposition typgraphique, notamment l’emploi de caractères variés, usage des vignettes et des gravures.

La division en paragraphes et les rubriques aménagées en marge permettent au lecteur de passer tout ce qu’il juge superflu pour lui.

Le traitement logique d’un sujet selon un cycle de divisions et subdivisions nettement accusées dans le texte est un progrès dans le livre scientifique et didactique. Il correspond à un développement de la ponctuation dans un double sens; 1° c’est une ponctuation d’un degré plus élevé que le simple point (.); 2° c’est une ponctuation placée à la division logique de l’idée et non des seules phrases du langage qui les exprime.

Le titre est en fonction de la division adoptée. Il est comme la rubrique générale à placer en tête de la table des divisions et celles-ci sont comme autant de sous-titres du titre lui même.

Les divisions sont de divers ordres. A côté de celles qui correspondent au développement fondamental du sujet, il y a celles qui se rapportent aux introductions et conclusions, aux conditions externes du sujet comme sa présentation, à des annexes, des tables. Ainsi on peut diviser un ouvrage en parties (livres) et lui donner outre les parties principales numérotées, une partie préliminaire (définition du sujet dans son ensemble et indication de?j marche de son développement) et une partie complémentaire (par ex, l’histoire et la bibliographie du sujet). Une préface, un épilogue.

  1. Historique. — Les anciens ne connaissaient pas la division d’un ouvrage en plusieurs livres, d un poème en plusieurs chants d’étendue à peu près égale. L’Iliade et l’Odyssée comprenaient bien un certain nombre de rhapsodies qu’on pouvait réciter séparément, mais ces rhapsodies ne répondaient pas du tout à trois chants distincts et nous apprenons d’un scoliaste qu’on les écrivait à ’a file sans autre marque de séparation que le signe appelé Coronis. Ni Hérodote ni Thucydide ne divisèrent leurs histoires en livres. De même Xenophon. Platon. Théophraste. en un mot tous les auteurs qui ont précédé l’ère d Alexandre.

C’est à partir de ce moment seulement que des écoles annexes de grammaire et de critique ayant été fondées en annexe à la Bibliothèque d’Alexandre, ceux-ci éprouvèrent l’embarras de retrouver un passage ou de vérifier une citation. On divisa donc chacun des poèmes d’Horace en vingt-quatre chants destinés à être écrits sur autant de petits rouleaux et désignés par la série de lettres de l’alphabet grec.

Hérodote fut partagé en neuf parties qui prirent le notrg de neuf muses. Le même principe fut appliqué ensuite aux autres ouvrages. A partir des premiers Ptolémées tous les écrivains sectionnèrent eux-mêmes leurs ouvrages de longue baleine en livres de longueur uniforme.

Le morcellement des ouvrages en rouleaux à livres faisait souvent des coupures arbitraires selon l’étendue des rouleaux du commerce et les rouleaux s’égaraient rendant le livre incomplet. On serrait alors les rouleaux dans un même écrin, moyen insuffisant. Que de livres furent ainsi perdus, rendus incomplets! C’est assez tard qu’on prit l’habitude de terminer la ligne avec le sens.

  1. Unités du sectionnement. — A la manière de la simple arithmétique, en toute matière il doit être déterminé ce qui doit être tenu pour l’unité normale (un), avec ses multiples d’un côté (deux, trois, dix, cent), ses sous-multiples de l’autre (un dixième, un centième, etc.) Cette détermination est conventionnelle. Par e//e se réalise l’analyse et lu synthèse, la décomposition et la combinaison. Il serait inexact de faire de l’idée la pensée scientifique correspondant a l’unité de la réalité objective. Car s’il y a des unités déterminées en certaines parties de la science, elles manquent en d’autres et certaines sciences n’en ont pas du tout. L’analyse scientifique redeviendra une idée dite simple et une plus simple, jusqu’à la plus ultime qui est l’étre sans détermination. Dès lors la proposition implicite ou explicite dans la phrase n est que l’unité de langage, l’inité du discours verbal ou écrit (documentaire).

Une unité extérieure et qui ne cadre pas exactement avec l’unité de pensée. Celle-ci détermine l’auteur en chaque cas particulier correspondant à une phrase principale avec éventuellement une ou plusieurs phrases déterminatives et précisantes, attendu que grammaticalement est possible la phrase courte ou le complexe de la phrase, allant jusqu’à la période. Dans la pratique ce sera ou à peu près l’alinéa, ou ce que les anciens appelaient les ver scia.

  1. Espèces de divisions

  1. Le tome correspond à une très grande division de l’ouvrage. Le terme volume indique une division matérielle dépendant uniquement de la reliure. Ordinairement la division par volume concorde avec la division par tome, il n’est pas rare cependant de rencontrer des tomes relies en un volume; il est très rare ou contraire que plusieurs volumes séparés soient nécessaires pour contenir un seul tome.

Les études d’une science sont trop vastes pour être enfermées en deux ou trois volumes.

  1. Le chapitre définit chacune des parties dans lesquelles se divbe une œuvre ou un écrit aux fins du meilleur ordre et de la plus facile intelligence de la matière dont il est traité.

Un chapitre correspond a une question en science.

  1. Le paragraphe se définit chacune des divisions d’un écrit ou d’un imprimé qui se font en passant d un point à un autre.

Dans les grammaires on donne comme titre aux paragraphes les phrases qui servenl d’exemple. Ainsi le contenu se précise et à la seule lecture de l’exemple la règle est rappelée.

  1. Verset. — Le livre ancien est formé de versets. Cour­tes phrases, deux ou trois phrases au plus. L’enchaînement des verset» laissait idéologiquement à désirer. Rien de notre art moderne d’exposer.

Dans certaines sciences la division des matières porte des noms spéciaux. Ainsi en géométrie, les divisions sont appelées théorèmes, problèmes, corollaires, scolies.

  1. Desiderata du sectionnement. —

  1. Il est désirable que, dans l’intérêt des diverses parties et chapitres, les matières soient autant que possible traitées d’après un plan symétrique.[^Exemple: dans les 19 volumes de sa Géographie Universelle, Elisée Reclus a maintenu l’ordre le plus régulier dans la description de tous les pays: généralités, orographie, hydéographie, climatologie, flore, faune, etc. Voir à ce sujet la Théorie des subdivisions communes de la Classification décimale.]

  2. Le sectionnement doit être rigoureusement conforme à la division de la matière elle-même.

Les auteurs parfois donnent à plusieurs chapitres qui se suivent le même intitulé et en font des suites ou des fins. C’est un procédé inadmissible. La disposition systématique de la matière doit être indépendante de la longueur des textes et il y a quelque chose de choquant à voit couper un développement pour des raisons aussi extrinsèques.

  1. Titre courant. — Le titre courant doit remplir dans le livre un office utile. Il faut le considérer comme le sommaire ou le résumé de la page au dessus de laquelle il est placé.

C’est une erreur de donner à toutes les pages d’un livre le même titre courant, celui du livre lui-même. Ce titre est bien connu du lecteur et mieux vaut consacrer la place à mentionner sur les pages paires (gauches) les grandes divisions de l’ouvrage et sur les pages impaires (droites) les divisions les plus spéciales; de toute manière des mots expressifs, empruntés à l’ordre systématique. En vue du découpage des livres scientifiques et techniques, il pourrait être utile cependant que chaque page porte en bas le titre avec!e nom de l’auteur et l’année.

  1. Division en cartons. — Les parties d’un livre peuvent être mise en évidence par des feuilles de papier fort ou de carton blanc ou de couleur portant sur les côté» les notations du sectionnement. Ex.; Manuel de rinatitut international de Bibliographie (publication n" 67). Certains comptes rendus annuels de la Caisse d’Epargne de Belgique.

  2. Mention de la fin des ouvrages. — Il y a lieu d’indiquer clairement qu’un article, partie d ouvrage ou volume est fini. Si la publication de certaines parties ou volumes est indéfiniment ajournée, le fait doit être mentionné clairement sur les numéros subséquents. Le mot «Finie» ou «Fin» est consacré. On l’accompagne parfois d’une vignette.

Quantité d’ouvrages dont les suites ont été annoncées (à suivre) n’ont jamais été continués ni achevés, souvent de par In volonté des auteurs qui ont changé d opinion.

233.2 Notation des divisions

La notation des divisions réalise un système pratique et précis.[^Sur la numérotation en général, voir ce qui en est dit sous «classification» et sous «administration».] Il sert à la consultation, à la référence et à la signalisation.

La notation des paragraphes peut tenir lieu de transition. Le lien peut être dans la pensée qui se suit et embrasse sans peine des objets divers parce qu’elle les supporte tous à un objet supérieur parfaitement déterminé.

Espèces de notation. — L’indication des divisions peut» • faire par une notation basée soit sur des chiffres, soit sur des lettres.

  1. Les chiffres donnent lieu au numérotage, soit in numéro courant (numerus currens), soit un numéro décimal correspondant aux divisions de la Table des Matières (voir Tables de Matières).

Les chiffres sont des chiffres arabes ou des chiffres romains.

  1. Les lettres donnent lieu à une littération (ex.: littera C, littera Cb). Les lettres sont majuscules, minuscules ou une combinaison des deux. Elles peuvent être latines ou grecques, ou une combinaison des lettres des deux alphabets. Ex.: Bγ

  2. Il peut y avoir combinaison de chiffres et de lettres. Ex.: II Bγ

Numérotage. — Le numérotage est de création relativement récente. Ce n’a été qu’au XVIe siècle, dans l’édition de Du Moulin (Lyon 1554) et de Le Conte (Paris. 1556) qu’on a commencé à donner des numéros aux différents chapitres ou canons des distinctions et des causes des œuvres de Gratien. Pendant tout le moyen âge et souvent encore dans les temps modernes, on les a cités par le premier mot du canon.

C’est tardivement aussi qu’ont été numérotés les ver-sets de la Bible. Dans l’usage, les chapitres des divers livres qui la composent sont indiqués conventionnellement par des chiffres romains et les versets par des chiffres arabes. Ex.: Mat. V. 1–8. Evangile selon Saint-Mathieu, chap. V, versets 1 à 8.

Les articles des codes, des lois, des conventions sont numérotés. Le Code civil français (code Napoléon) comporte 2,200 articles. Les lois de certains États sont elles-mêmes numérotées par année. On dira «Chapter 415 of the Laws of 1897».

Le numérotage des vers, éventuellement des lignes, est Un moyen pratique pour les notes inframarginales ou en fui de texte.

Dans l’édition des classiques de Teubner, les vers sont numérotés de cinq en cinq.

Dans les Proceedings de la British Muséum Commission de 1849, toutes les questions et toutes les réponses ont reçu un numéro d’ordre continu.

Le numérotage sera ou unique á travers toutes les parties d’un ouvrage ou recommençant. Parfois les suppléments édités plusieurs années après sont paginés et numérotés à la suite (ex.: Géographie des frères Alexis).

233.3 Ordre des matières dans le livre

Un livre a une progression, une série, la raison qui procède à son enchaînement (la classification, l’ordon-nancement, la logique). La question des ordres a été traitée à l’occasion de., éléments intellectuels du livre.

La série échelonnée ou graduée comme dans les règnes animal et végétal est la forme la plus ordinaire aux ouvrages de raisonnement dans lesquels on procède par division et subdivisions du sujet.

L’ordre varie à l’infini d’après les auteurs, d’après les ouvrages et même d’après un même ouvrage quand il s’agit d’une œuvre constituant une collection. Ainsi S. Berger ne compte pas, pour l’Ancien Testament seulement, moins de 212 ordres différents, distribués en sept series principales et il déclare expressément que cet ordre pouvait être augmenté. Pour le Nouveau Testament, il signale 38 ordres.

233.4 Rubrication

Les divisions reçoivent leur dénomination (titre, intitulé, rubriques). Les rubriques facilitent énormément la lecture et les recherches. Si les divisions circonscrivent nettement le sujet traité, les rubriques concentrent la pensée sur leur objet principal. Bien rubriquer un document est tout un art. L’auteur qui s’impose de le faire voit s’améliorer son exposé, car le fait seul d’avoir à exprimer des rubriques adéquates, claires et se succédant en série, oblige a préciser quel est l’objet d un paragraphe ou d’une section et à mûrement réfléchir à I ordre du plan d’exposés.

Autrefois, il y avait un spécialiste, le «rubricateur» ou enlumineur qui trajait sur les livres les rubriques.

La rubrication des lois et des ordres du jour de congrès et assemblées lég:slatives fournit ample matière expérimentale à une technique de la Rubrication.[^Dans sa «Somme des connaissances humaines». Elie Blanc s’exprime ainsi: «les articles sont numérotés de 1 à 10.000 et chaque volume en comprendra 100 exactement, ce qui simplifiera extrêmement les renvois et les recherches. Plusieurs articles de moindre importance pourront être réunis sous un même numéro d’ordre. Ils seront désignés distinctement s’il y a lieu, par des décimales. La numérotation adoptée peut donc satisfaire à tous les développements ultérieurs et à toutes les exigences. Chaque article, sTf est étendu, sera précédé d’un sommaire dont chaque partie sera développée dans un paragraphe distinct.»]

Les rubriques ont joué un rôle énorme dans le Décret de Gratien (Droit Canon).

233.5 Pagination
  1. Notion. — Les pages d’un livre, les feuilles d’un document sont numérotées et le numérotage est continu. But: a) moyen de maintenir l’ordre entre les éléments épars, d’éviter toute interversion des feuilles pendant la correction, le tirage, le brochage, la reliure; b) moyen d’indiquer l’endroit exact de l’ouvrage quand les éléments sont rassemblés, de faciliter les renvois des tables de matières, les références d’une partie à l’outre des volumes. les citations.

La pagination se rapporte à la division des éléments matériels du livre (le support, le papier), tandis que la notation de divisions se rapporte à la division des éléments intellectuels.

  1. Dispositif s de la pagination. — La pagination peut se présenter de diverses manières: a) Haut ou bas des pages, b) Côté extérieur ou intérieur des pages ou en leur milieu. Il convient de placer la pagination sur La côtés extérieurs des pages. In A l’extérieur des pages, car ainsi on peut feuilleter seulement leur extrémité gauche et droite, en économisant l’opération d’avoir à les découvrir entièrement; 2° au bas des pages, car on peut disposer du haut des pages et les parties en belle page peuvent elles-mêmes être paginées, c) Grand ou petit caractère, nombre encadré ou non, en grasse ou souligné. C’est une erreur de ne pas indiquer en très grands caractères la pagination des livres de fréquente consultation.

  2. La mise en page. — Elle peut offrir différents dispositifs. I° Continue, c’est-à-dire recto et verso. 2° Recto seulement, le verso étant blanc réservé à des annonces et par conséquent sacrifiable à volonté pour le découpage. 3° Disposition permettant l’isolement de chaque article par découpage et collage. 4° Renvoi de la suite d un article plus loin dans le même fascicule. 5° Les livres classiques présentent souvent une page ou deux pages placées en regard quand elles se réfèrent à une même idée. (Ex.: Histoire, Géographie.)

A la pagination il est utile d’ajouter les indices du chapitrage et de les placer à droite et à gauche du titre courant. (Voir le dispositif adopté dans ce traité.)

  1. Pagination continue ou fractionnée. — Il y aurait avantage et simplification, dans les ouvrages scientifiques, à n’avoir qu’une seule pagination continue à travers un même ouvrage. Il n’y aurait pas d’exception pour les pages titres et les chapitres en belle page. Pour des raisons d’esthétique, la pagination en ce cas serait reportée au bas des pages.

Il y aurait peut-être avantage pour les tables et les citations à ce que les périodiques adoptent une pagination continue à travers les semestre’’ et les années. Ce serait en même temps une statistique toute faite de leur matière imprimée.

On atteindrait de hauts chiffres, mais cela est secondaire. Ainsi la pagination du Börsenblatt donne, en 1905, la page 7449.

Lorsqu’il est publié des articles très longs, on a employé une pagination séparée simultanément avec une pagina lion continue.

Dans les publications à fascicules ou à partie distincte, on peut arriver à une pagination fractionnée sous cette forme: 14 – 27, ce qui signifie Fascicule 14. p. 27, Ex.: Traité d’hygiène de Chantemesse et Mosny. Cette notation serait reproduite feulement aux pages impaires. La «Revue de l’Université de Bruxelles» a donné à ses articles deux paginations: celle de la revue et celle des articles. Ainsi se sont trouvés tout paginés les tirés à part.[^Dans le Grand Concours o’e Bruxelles 1888, on trouve formulé ces desiderata: «Rechercher un système uniforme de tomaison, de pagination, de titre courant. / Quel serait le moyen de provoquer une convention entre les éditeurs et les imprimeurs de divers pays pour arriver: a) à adopter le système de la tomaison effectuée, c’est-à-dire à supprimer la tomaison fraction-née en parties de quelque nom qu’on les appelle; b) à adopter le chiffrage continu, sans lacune, de la n pagination, c’est-à-dire abandonner la coutume de ne point chiffrer les pages commençant par un titre de chapitre ou un titre explicatif, et à supprimer comme titre courant dans un livre le titre même de ce livre ou à le remplacer par les titres du contenu des cha-pitres?»]

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  1. Pagination en chiffres arabes ou romains. — On s est élevé contre les chiffres romains et on demande que la pagination aussi soit faite en chiffres arabes. S il y a lieu de créer plusieurs séries, on pourrait les distinguer en faisant accompagner d une lettre les sériés secondaires.

Les belles pages (celles qui commencent le volume, les parties ou les chapitres) ne sont point paginées. On l’a demandé cependant pour faciliter la consultation, et on l’a indiqué parfois au pied de la page.

  1. Subdivision de la page. — Il peut y avoir intérêt à pouvoir désigner avec sûreté la colonne, la partie de la. page, la ligne, et même le mot.

  1. La colonne se désigne par 1er, 2e, 3e, etc.

Pour les journaux on pourrait convenir d indiquer la page, la colonne et le rang de l’article dans la colonne, soit p. (1 – 4 – 3).

  1. La partie de page et par conséquent la partie de la colonne peuvent être indiquées en divisant la page en 5 par les lettres A B C D E écrites en marge.

Ainsi, dans Quérard, Supercheries littéraires et Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonymes.

  1. Les lignes peuvent être désigné par leur ordre numérique répondant en marge de cinq en cinq ligne». Ex.: 5. 10. 15. 20. 25, etc.

La reproduction des anciens textes porte déjà en marge un numérotage continu des lignes.[^Voluspa. Texte d’après les vélins de la Bibliothèque de Copenhague, dans Van den Bogaert, Recherches sur l’histoire primitive des Belges.]

  1. Le mot est désigné par le rang occupé dans la ligne. D’où cette mention:

Ex.: p. 35⁹–36⁸ qui signifie de la page 35, ligne 9, à la page 36, ligne 8. Autre ex.: p. 35⁹⁻⁴, qui signifie page 35, ligne 9, 4e mot. Les articles, les nombre», les lettres initiales comptent comme des mots, ainsi que les parties de mots coupés nu commencement et à la fin des lignes. Si l’on adoptait le système suggéré de désigner un livre par non numéro d’ordre (pays, année et numéro d’ordre), et si le système était généralisé on pourrait, à l’aide de quelques nombres, désigner un mot dans l’ensemble universel des livres. Ex.

            (493)-«1933»N°_1227-p.35⁹⁻⁴
  1. Pagination intercalée, — Pagination spéciale suivie J astérisques ou de lettres quand il y a interfoliation, notamment parties de revues à relier séparément à la fin de l’œuvre. Voir la partie «Bibliographie» de la Revue d’Histoire Ecclésiastique.

  2. Substitut de la pagination. — Dans les documents manuscrits ou imprimés sous forme de feuilles volantes ou fiches, la pagination perd sa fonction à raison de l’intercalation toujours possible et du classement possible d’après des bases diverse«. Les indices de classement de la matière servent alors à ’a pagination. L’on inscrit cependant à chaque feuille ou fiche un numéro destiné à les individualiser et qui ^ sont empruntés à une série uirque, On peut, a»nai, sous une même clause, les te-trouver avec certitude.