241.4 Collections. Recueils de textes. Commentaires

Les Recueils, les Collections et les Commentaires figurent parmi les plus grandes œuvres bibliographiques. Leur établissement a donné lieu à des sommes de labeur énorme.

Diverses questions sont à examiner: la publication de collections d’ouvrages constituant chacune une individualité; les recueils de texte qui ne constituent pas des ouvrages entiers; l’examen des textes et les principes à suivre pour leur publication; la reproduction des manuscrits, notamment par les procédés photographiques; les commentaires des œuvres.

241.41 Notion

  1. Le Recueil est le rom générique donné à un assemblage, à une réunion d’actes, de pièces, d’écrits, d’ouvrages en prose ou en vers et aussi de morceaux 4c musique, d’estampes, etc. Les recueils comprennent donc plusieurs ouvrages de même forme ou qui traitent la même question. Ainsi; Recueil des lois, Recueil de discours. Recueil de pièces de théâtre. Les grandes collections des ordres religieux (Bénédictins et Jésuites: les Bollandistes), celles des Lequates, celles des historio­graphes. Ainsi: Collection des Perea de l’Eglise, Collection dea Concile», Collection des liollandiatea, Collection des mémoirea de l’Histoire de France, Recueils de truités.

  2. Le but des Recueils et des collections est de classer et publier, sans omission ni erreur, tous les documents ayant rapport à une question. L’impossibilité matérielle de rassembler certains documents existants justifie les ouvrages qui reproduisent et analysent le contenu d’originaux. Certaines rééditions ont pour but d éviter les pénibles recherches dans les publications originales. Ex.: Tableaux de statistiques rétrospectives publiés par la Statistique Internationale du mouvement de la population.

  3. Le recueil correspond à une opération bibliographique fondamentale, elle-même en corrélation avec une organisation intellectuelle fondamentale. Les choses se groupent?t se réunissent d’abord dans l’esprit et se présentent sous une forme non matérielle. C’est dans ce sens que Cousin a écrit «Lhistoire est un recueil d’expériences dans lesquelles on peut étudier la loi de la pensée humaine?. Le groupement, la réunion des documents considérés comme des unités, des entités documentaires distinctes peut se faire de manière bien différente selon le but désiré, les principes du choix, la base du classement.

  4. Les générations ont fait succéder leurs efforts pour nous donner les grandes collections de textes dans l’état où nous les possédons maintenant. Les éditions ont été sans cesse en se perfectionnant, comme texte et comme forme de présentation. ###### 241.42 Espèces, types de recueils et collections

Il y a un grand nombre d’espèces de recueils et collections.

  1. Histoire. — Pour étudier les documents d’une façon historique, on a senti le besoin d’en faire des éditions critiques établies en comparant méthodiquement les différents manuscrits. On a compris l’avantage de les réunir en grandes collection» (notamment les collections allemandes pour le moyen âge). On a de même réuni les inscriptions en corpus. On a dressé le catalogue des manuscrits des auteurs antiques, on a commencé l’inventaire dr* documents inédits des archives.

En histoire on a réimprimé des pièces seules et on a formé des corpus ou recueils de pièces qui sont les principaux instruments et les principales entreprises de l’érudition historique ancienne et moderne.

La plupart des documents historiques ont été réunis dans des collections qui les ont rendus d accès facile. b Voici des exemples: sous le nom de Monumenta germaniœ on a recueilli des collections de documents relatifs à 1histoire de VAllemagne. Le Recueil des ordonnances des rois de France» est une vaste collection in-folio entreprise sous Louis XIV et continuée depuis.

Au commencement du XVIIIe siècle le savant Muratori réunit toutes les plus remarquables sources de l’histoire médiévale italienne, C est pour son temps un merveilleux effort de savoir et de critique et le corpus le plus complet de textes histoiiques du VI au XVIe siècle pour l’Italie, la somme indispensable de recherches. Le commandeur S. Lapî a conçu et mené à bonne fin l’édition nouvelle dite Rerum italicarum scriptores, qui après sa mort fut achevée par Cardocci et Fiorini. La découverte de manuscrits que Muratori ne connut point et qu’il crut perdus, la nouvelle direction donnée a la critique historique en ce qui concerne Vétude des sources et la préparation de leurs textes, les moyens plus amples et plus exacts de recherches et de reproduction dont nous pouvons disposer dans ce but. ont permis de renouveler l’œuvre de Muratori.

«Mon édition, dit Lapi, suivra dans chacune de ses parties l’ordre donné par Muratori o son recueil et elle en reproduira — «nui quelques exceptions justifiées – tous les textes et leurs préfaces. Chaque page portera l’indication de lu page correspondante dans l’édition de Muratori. De riches tables analytiques, fondues en une table générale à la fin de l’ouvrage, accompagneront chacun des écrits. Chaque tome conservera la numération qu’il a reçue dans l’édition originale; mais toutes les fois que cela sera nécessaire, il sera divisé en parties dont chacune formera un ou plusieurs volumes à part, avec une numération particulière de façon que, bien que ces tomes soient publiés par intervalless et par livraisons, il sera facile de leur tendre leur place dans le tableau de l’entière collection. Une numération, en continuation de celle des volumes qui composent le recueil de Muratori, sera donnée aux volumes des Agsiume (addition») publié» par Tartini et par Mittarelli. Cette numération s’étendra aux autres volumes que j’espère y ajouter moi-meme, y comprenant des textes que Muratori ne put insérer dans la collection, soit que ces textes aient été déjà édités, soit inédits, en partie ou en entier.»

La collection des chroniques belges inédites, publiées sur ordre du gouvernement par la Commission Royale d’Histoire. comprend déjà 125 vol. in–4°. De toutes parts, on continue à publier des pièces d’archives et de manuscrits, sauvant ainsi de la destruction et de l’inutilisation relative quantité de pièces qui sont les vestiges du passé. Ce travail s’accompagne d’une révision comparée des textes pour arriver à des versions plus exactes. Le travail des Index et des Tables de ces documents se poursuit parallèlement.

  1. Littérature. — On a réuni en collections les œuvres littéraires de l’antiquité et du moyen âge; on a commencé à le faire même pour certaines œuvres modernes.

Des éditions excellentes d’ouvrages particuliers ou d’œuvres complètes des auteurs anciens facilitent à tous l’accès des trésors d’autrefois. Par ex. les Condones latinre (Harangues latines), le livre classique des rhétoriciens dans lequel Henri Estienne. il y a trois siècles, a réuni les meilleurs discours, extraits de Tite Live, Saluste, I acite et Quinte Curce; les Narrationes, recueil de faits historiques extraits des mêmes auteurs, à l’usage des classes de seconde. c) Collections religieuses. — Patrologie. Canon. Il existe de vastes collections de documents religieux. La Patrologie de Migne, ouvrage qui concentre toute la littérature de l’Lglise des douxe premiers siècles. -—Les collections canoniques de l’époque de Grégoire Vli: ces collections furent composées au moyen de matériaux fournis par de vastes compilation» enttepiiHta à l’instigation, ou tout au moins avec l’aveu du Pape. Les recherches qui furent poursuivies dans les archives du Saint-Siège et dans les bibliothèques des églises et des monastères ne contribuèrent pas peu à renouveler le droit canonique. — De* Hegesta Pontificum Komonorum de Ph. Joffé, continuée par Potthast, embrassent 19 pontificats et résument plus de 26,000 lettres.

L’/l mp/issima collcctio Conciliorum (Mansi) [Concilïo-rum omnium catholicæ Ecciesiæ collectio amplissima). Lite sera complète en»0 volumes tirés à 350 exemplaires.

Il y a 279 souscripteurs. Pour les années jusqu’à 1720, ce sont des reproductions et fac-similés de l’ancien Mansi. de Coleti. du supplément à Coleti par Mansi. A partir de 1720 on a établi des continuations typographiques par Martin et Petit. L’ouvrage a pour but de centraliser en une seule collection tous les documents relatifs aux conciles.

Les /lnecdo;a AJaredsolana publiés par dom Germain Morin, moine bénédictin de l’abbaye de Maredsous, sont des recueils de pièces relatives à l’ancienne littérature chrétienne. Ces textes, pour la plupart inédits, sont publiés avec des notes critiques.

  1. KccuciU juridiques. — Les recueils juridiques figurent parmi les plus grandes collections. Ils comprennent la législation et la jurisprudence ou décisions des cours et tribunaux. Il en sera traité avec la Documentation et le Droit est à ranger dans ce groupe.

Le «Kecueil des Traités» publié par la S. D. N. en vertu de Part. 18 du Pacte, comprenait, fin 1932. 125 volumes. avec 4 index généraux ayant publié plus de 3,000 traités ou engagements internationaux. Les recueils pu blient les renseignements utiles sur la prolongation des engagements,»ur les modifications qu’ils peuvent avoir subis, sur les adhésions, les rectifications, les dénonciations dont ils ont été l’objet. Ces annexes donnent donc la situation exacte des relations entre États.

  1. Livres diplomatiques. — On a donné des noms de couleur aux livres diplomatiques. Ainsi le Livre rouge (Espagne), vert (Italie), blanc (Angleterre, affaires étrangères), bleu (Angleterre, affaires intérieures. Blue Book).

  2. Collections de documents scientifiques. — En toute science il existe des documents ayant fait époque et devenu classiques. On en a fait l’objet des collections publiées. Ex.: Classical documents of the theory of Evo-lution. Les Maîtres de la Pensée scientifique, collection de mémoires et ouvrages publiés par les soins de Maurice Solovine et devant comprendre les mémoires les plus importants de tous les temps et de toux les pays.

La Bibliothèque égyptologique (Paris, Leroux 1879–98), fondée par M, Maspero. L’auteur annonçait son intention de rééditer dans une collection d’un format et d’un prix abordable, les œuvres des égyptologues français dispersés dans divers recueils et qui n’ont pu être réunies à ce jour. Les en extraite pour les grouper et constituer un instrument de travail, un monument.

Le service des antiquités égyptiennes, établi par la France en Egypte, élabore un catalogue général des antiquités égyptiennes, où se trouveront réunis tous les documents relatifs à l’Egypte. Le service a fait diplomatiquement, par la voie du Ministère des affaires étrangères d’Egypte, appel aux gouvernements étrangers.

  1. Collections générales. — Sous le nom de Bibliothèque ou noms analogues, des ouvrages sont publiés en série. Dans certaines collections chaque volume est indépendant mais l’ensemble forme une unité. Ex.: L’évolution de! Humanité: toutes les Histoires fondues en une seule. Paris. La Kenaissance du Livre. — Bibliothèque utile (Alcan)-, Bibliothèque populaire; Bibliothèque des actualités industrielles; Bibliothèque de philosophie scientifique; Bibliothek der allgemeinen und praktischen Wissenschaf-ten; Webers illustrierte Catechismus.

Les Volksbücher de Meyer forment une collection d’ouvrages populaires r. 10 pfennigs. Ils en sont au nombre de plus de 2.000 numéros. L’Universal Bibliothek de Keklam à 20 pfennigs. Nelson s six-pence classics. All unabridged.[^Pellisson M. — 1906. Collections de livres à l’usage du peuple. Bulletin de Bibliothèques populaires, avril 1906. Bref historique des collections qui ont été publiées. // Un vœu a été émis par le Congrès International des Editeurs de Berne 1905, sur les Bibliothèques professionnelles (juristes, médecins, architectes).]

  1. Ne pas confondre les œuvres éditées avec l’intention d en constituer des collections et les recueils factices constitués ad libitum dans les bibliothèques publiques et privées par la reliure de plusieurs ouvrages en un seul. (Voir telmic.)

  2. On donne souvent le nom de recueil aux publications périodiques et celles-ci sont de périodicité fixe ou peuvent être simplement continuées, paraissant quand il y a lieu sous des numéros de suite. Ex,: Les publications en fascicules de certains bureaux de statistiques. Autre ex.: Annales du Musée du Congo. Divisée en séries comprenant chacune un nombre indéterminé de tomes, chaque tome comprenant un certain nombre de fascicules.

On a créé des séries de monographies sous des titres généraux. Ex.: Historische Studicn (E Ebering), Lite-rarische Forschungen (E. Felber).

  1. Parmi les recueils on peul ranger les œuvres complètes d’un auteur.

    241.43 Publications de textes

    241.431 Notion

Un des plus grands travaux consiste à remonter jusqu’à la source, jusqu’aux documents originaux. Les notions des anciens? avants sont éparses dans les œuvres des citaicurt. Beaucoup de savants du moyen âge ont une partie de leurs œuvres éparses dans les ouvrages de commentaires. Ainsi quantité de livres anciens ne «ont connus que par des fragments, des traductions ou des citations.

Les fondateurs de grandes doctrines (par ex. Zenon et Cbrysipc) ne nou; sont connus que par des textes de plusieurs siècles postérieurs qui ne représentent pas leur pensée dons son intégrité. De bonne heure les disciples ou les commentateurs ont détruit l’unité du système; ils en ont retranché reion leurs principes et les besoins de* leur époque, les parties qui leur semblaient les plus andes et encore dans celles-ci ont-ils fait des choix.

Les textes sont invoqués pour une justification rapide et sûre de faits, pour une illustration commode ou frappante des idées.

Il ne faut pas confondre la matière première avec le produit fabriqué, c’est-à-dire les sources historiques avec les narrations faites nu moyen de ces sources; entre les témoignages et la transformation de ces témoignages, c’est â-dire les sources et les facilité’! de les déchiffrer. Il faut donc des textes et des textes exacts. Point de textes mutilés, tronqués ou inexactement reproduits.

La correction des textes est affaire d’importance. Comment attribuer à tel auteur tel texte si l’attribution comporte des paroles qui ne sont pas de lui, ou en supprime qui sont de lui. Gui Patin (1602–1672) dit avoir compté d’abord plus de 6.000 fautes, puis plus de 8.000 dans le Plutarque d’Amyot.

Le texte désigne les propres paroles de l’auteur par opposition aux notes, gloses, commentaires. La restitution des textes altérés appartient spécialement à la philologie et à la critique, sciences cultivées dès l’antiquité, mais qui ont pris de nos jours de grands développements, grâce surtout aux progrès de la linguistique et de l’histoire. On ne saurait trop recommander de recourir à l’étude intelligente des textes: «C’est, a dit La Bruyère, le chemin le plus court, le plus sûr et le plus agréable pour tout genre d’érudition.»

241.432 Règles pour la publication des textes

La publication des textes a donné lieu à des règles et recommandations diverses dont voici les principales. Elles ont etc dégagées peu à peu des meilleurs usages et codifiées.[^Principes d’édition de In collection des Universités de France. Principes de la Société des textes français modernes. — Havel Louis: Règles pour éditions critiques. Règles et recommandations générales par l’établissement des éditions Guillaume Budé. Etablis à l’usage des collaborateurs de l’aisociation Guillaume Budé.]

  1. Publier les textes intégraux, ce qui est différent d’un choix de morceaux ou d’une collection dite de «chefs d’œuvres» ou «de grands classiques s.

  2. Publier toutes les œuvres de la littérature d’une certaine langue ou d’un certain pays et d’une certaine époque.

  3. Etablir les textes d’après la méthode qui préside aux travaux philologiques et avec un appareil critique appropriée.

  4. Présenter les œuvres telles qu’elles se sont présentées, qu’elles sont apparues à leur contemporains et conformément à la dernière volonté de l’auteur. Reproduire le texte de la dernière édition et dans l’orthographe du temps.

  5. Accompagner l’ouvrage: 1° d’une préface d’ouvert turc large et vivante; 2° d un appareil critique; 3° de notes; 4° d’un glossaire de termes; 5° de variantes; 6° de renseignements bibliographiques.

  6. Les éditions critiques doivent être établies en fonction directe de la tradition manuscrite et non sur la base d’une édition antérieure. Le texte doit reposer sur l’ensemble des manuscrits qui peuvent avoir une autorité, et non sur un manuscrit arbitrairement isolé des autres, ce manuscrit fût-il le meilleur.

On publie les textes des éditions critiques, présentant les variantes de différentes impressions et s’il y a lieu les diverses rédactions de manuscrits. Souvent les éditions sont accompagnées de l’indication des sources et d un commentaire historique et philologique.

  1. L’apparat critique signale tous les endroits où en peut soupçonner soit une faute de composition, soit une faute d’auteur ou négligence d’auteur. Il relève toute contradiction, toute invraisemblance de fait, tout anachronisme, toute obscurité ou ambiguité, toute incorrection grammaticale, toute anomalie métrique ou prosodique, toute v pluripartition» orientée, tout manque de proportion. de symétrie.

  2. Numérotage, renvois numériques, pagination, linéa-tion. — Dans les éditions critiques des œuvres en vers, on numérote les vers de 5 un 5, de 4 en 4. de 3 en 3, ou d’après l’analyse des strophes et outres grandes unités. Pour la prose, à l’intérieur d’une division préexistante, livre, chapitre ou paragraphe, on a proposé de diviser en phrases et en incises. Les phrases formant un sens complet sont numérotées par des exposants préposés 5 sed…, 6 tamen. A l’intérieur de ces phrases, des incises de sens complet peuvent être distingués par des lettrines en exposant: «Sed… «nunc antom… bnon modo ne…

» scd etiam…» Sembla oie division dispense du numérotage des lignes qui augmente les irais de composition. Elle permet d’ailleurs de mettre dans l’apparat des renvois définitifs, ce qui diminue le travail, les chances d’erreur et les frais de correction. Un tel système rendrait possible pour l’avenir les renvois précis, indépendant de toute pagination et linéation.

  1. La disposition. — Lorsqu’une traduction accompagne un texte pour en faciliter l’intelligence et en constitue une sorte de commentaire suivi, chaque page de la traduction recevra le même numéro que In page de texte correspondante. Les alinéas de la traduction seront les mêmes que les alinéas du texte. Les numéros des chapitres et autres divisions importantes du texte seront répétés dans la traduction.

  1. Multiplier les alinéas (aller à la ligne) à chaque chapitre, à chaque paragraphe, à chaque grande unité matérielle, à des intervoiles de 10 à 20 vers, à chaque tronçon de texte finissant avec une phrase au sens complet et l’ensemble du tronçon constituant une sorte d’unité logique. Cela facilite la consultation et évite pendant l’impression, de trop nombreux remaniements de lignes, lorsque des erreurs sont à corriger.

  2. Entre deux renvois numériques, l’apparat critique décompose en unités critiques séparées par de doubles traits verticaux ‖ A chaque unité critique correspondra un tronçon de texte nettement défini, tel que ses limites coïncident dans toutes les sources visées. Ex: ‖ erat alius Prise: crat B. Non, alius erat DE ‖

  3. Titres courant». — Les livres, chants, chapitres, para* graphes, actes, scènes, contenus dans chaque page seront annoncés par un titre courant.

  4. Rcnooia et index. — Kicn n’est plus fatigant: à consulter qu’une série de renvois du type usuel. 1, II, 3; l!(. 4. 5; II. V, 13; XIV. VII. 22; 23. Cela tient à ce que les divers renvois n’y sont pas de meme forme, et aussi à ce qu’il faut faire attention à la nature des signes de ponctuation qui représentent des abréviations. On aura avantage, tout au moins dans les index, à employer des chiffres arubes séparés par des virgules collées, en libellant chaque renvoi sans souci des autres et sous forme intégrale: I, 2, 3; I. 3. 4; I, 3. 5; 2. 5, 13; 14. 7. 22; 14. 7, 25. Malgré la répétition des chiffres de divisions supérieures, ce système économise un peu de place, en même temps qu’il repose l’œil et l’esprit.

  5. Parfois dans la publication des textes, après études et comparaisons des sources: 1° on conserve certaines imperfections. mais au lieu de les maintenir à l’intérieur d*ut» texte qui doit servir aux études, on peut les rejeter en notes; 2° on conserve les titTes traditionnels des articles indispensables aux lecteurs, mais qui ne se trouvent pas dans le manuscrit reproduit; 3° pour rendre le texte plus utilisable on le transcrit d’après l’orthographe moderne (latin ou langues vivantes); 4° on rétablit les références exactes citées dans le texte lorsque celles-ci ne le sont pas.

    241.433 Types de publication de recueils

  6. Pour expliquer Aristote, Albert le Grand se livre à une paraphrase extensive, qui suit le plan général des ouvrages et où le texte des versions latines est absorbé en entier. Paraphrase bourrée d’interpolations, émaillée d’observations personnelles, incorporant une foule de matériaux empruntés aux commentateur* arabes et juifs et qui s’inspire du souci d’initier des profanes à un immense trésor de savoir. D’interminables digressions sur divers sujets viennent entrecouper la marche des idées: prœter hoc digreasioncs facilmtia est une formule favorite. Elles donnent l’impression que l’auteur a voulu y consigner une érudition inépuisable.[^Maurice Dewulf. Le milieu intellectuel d’Albert le Grand. Rev. catholique des idées et des faits. 1933.01.27.]

  7. Une récente édition de la Somme Théologique de St Thomas par A. D. ¿ertillanges O. P. (Tournai, Dcsclce 1925) se présente ainsi sur une même page, divisée en deux; on trouve l’un sous l’autre, en bas le texte latin, en haut la traduction française. L’article comme dans le texte est encadré de ses objections et de *es réponses. Au bas des pages ses notes très brèves et peu nombreuses pour ne pas alourdir le texte s’y ajoutent chaque fois qu’il y a lieu d’élucider un point obscur on une difficulté textuelle. Chaque volume est suivi: 1° d’un appendice donnant des notes explicatives concernant le texte même du traité et les idées générales de St Thomas et concordant avec les notes exposées ailleurs; 2° d’un appendice contenant des renseignements techniques d’ordre plus général concernant la doctrine contenue dans le traité: aspects divers sous lesquels cette doctrine peut être envisagée; 3° table analytique des matières.

  8. Une nouvelle collection dénommée «Documentation internationale» vient de paraître. Le Lr volume est consacré à Constantinople et les détroits, a Non sommairement, dit M. de Lapradelle. non pas quelques aperçus, mais in extcn»o l’intégralité des pièces que le gouvernement soviétique a tirées des archives russes. Il ne pourrait s’agir ici. suivant les strictes règles de la méthode documentaire, que d’une traduction intégrale, sans aucune omission; toute coupure semble en effet toujours plus ou moins subjective. La seule méthode vraiment scientifique, qui porte en elle-même jusque dans l’apparence, le caractère et la preuve de son objectivité, c’est la publication intégrale…»

Le Dr Mardrus, confrontant et colligeant des variantes innombrables de l’Histoire de la Reine de Saba. créa rn texte arabe dont il publia la traduction.[^Fasquelle, Paris 1917.]

241.44 Commentaires des textes

La publication de textes ne va pas sans commentaires qui dépassent souvent le simple rétablissement de l’écrit primitif pour pénétrer jusqu’à la pensée des auteurs. Les commentaires sont immenses de la Bible, du Coran, du Talmud, des Sentences du Lombard et de nos jours des Codes, récemment des Traités internationaux.

Les commentateurs donnent des versions a eux ou reproduisent les versions d’auteurs en indiquant leurs sources. Il y a des cas (par ex. des commentaires de Dante), où l’on n’a limité les noie* que par la nécessité de donner encore du texte suffisant sur chaque page.

Pendant des siècles la culture a consisté à discuter des textes au lieu d’étudier par l’observation nu l’expérience les réalités!

241.5 Catalogues
  1. Notions

  1. Le catalogue constitue une espèce d’ouvrage bien caractérisée.

Le catalogue est aussi une forme élémentaire d’exposé, qu’elle soit appliquée à l’échelle d’un ouvrage entier ou qu’elle prenne place parmi les éléments d*un ouvrage complexe.

  1. Le catalogue a été défini: Liste, énumération de personnes ou de choses classées dans un certain ordre. Le catalogue donne les caractéristiques des choses telles qu’elles résultent de leur examen et analyse. Le catalogue est le «document» dans lequel sont enregistrées les choses. Les catalogues sont les inventaires (relevé), les guides dans les recherches, les clef* des collections.

  2. Il y a des termes synonymes ou équivalents employés avec des sens que l’usage a distingué, à raison surtout du but proposé. Le catalogue e»t une liste raisonnée, dressée avec soin, avec méthode, dans un ordre propre à faire connaître l’importance de l’ensemble et souvent avec des détails part’culiers sur chaque objet.

Le dénombrement tend surtout à faire connaître des choses ou des personnes. L’état tend à faire connaître l’exacte situation des choses afin que la réflexion puisse ensuite s’exercer à les modifier s’il y a lieu, a les perfectionner, à les comparer avec d’autres choses de même nature. L.’inventaire est la liste des objets, principalement pour des fins juridiques ou économiques (liste d’objets après la mort d’une personne, dans un magasin, ou une usine, dans un musée), il a pour but de faire connaître

II valeur totale de ces objets ou d’en permettre le «recollement». La liste est purement et simplement la suite des noir.» propres à désigner chacun des objets qu’on a besoin de connaître, accompagnée éventuellement de quelques indications utiles. Le répertoire signale les objets dans un ordre propre à faire retrouver chacun d’eux au besoin; ce n’est point, comme l’inventaire, la liste des choses trou-vées, c’est plutôt celle des choses a trouver, à chercher. (Keperire = retrouver.)

  1. Le catalogue est parmi les plus utiles des ouvrages. C’est un instrument indispensable pour les chercheurs, pour les étudiants. C’est aussi In base des acquisitions scientifiques, lu forme fondamentale que prend l’inventaire de la nature des connaissances humaines, des œuvres et des richesses créées.

  2. Parmi les diverses espèces de catalogues, ceux qui concernent les livres occupent une place considérable; ce sont les catalogues d’éditeurs, de libraires, de bibliothèques et surtout les Bibliographies. Il en sera traité sous les divisions ultérieures.

  3. En dehors de la documentation proprement dite et des catalogues auxquels elle donne lieu, il y a les catalo gués des objets, des êtres, des phénomènes et des per sonnes.

  4. Un immense travail (catalographie) se poursuit, avec plus ou moins d’ordre de division dans le travail, de continuité dans l’effort, mais il se poursuit inlassablement à travers les âges. On doit par la pensée entrevoir le moment où tous ces élément» pourront être concentrés et constituer un seul ensemble homogène et organique, un Catalogue Universe! dont le Répertoire Bibliographique Universel ne serait que la partie consacrée aux Livres et aux Documents. Ce serait d’une inestimable valeur intellectuelle pour la science, les études et les applications techniques et sociales.

  1. Caractéristiques

  1. Coopération et continuité. — Les catalogues sont par excellence des œuvres collectives et continues et tendant à la totalité. IL vont en se complétant, se supplémentant et s’améliorant sans cesse, d’œuvre en œuvre, d’édition en édition; le travail des devanciers est incorporé à celui des suivants. Les objets à cataloguer s’accroissant ou leur position, situation se modifiant, il y a continuité nécessaire dans le travail.

  2. Progrès réalisés. — A raison de ces caractéristiques, l’œuvre catalographique s’est perfectionnée dans diverses directions: 1° règles précises et conventionnelles pour la rédaction de notices; 2° organisation du travail, répartition des tâches et centralisation du travail accompli; 3° recours à la photographie comme observateur, témoin objectif; 4° système des fiches facilitant les intercalations et par suite la coopération et la continuité.

  3. Les catalogues d objet» de collections sont souvent des contribution» de piemier ordre à l’étude de la matière. Il en est ainsi si les auteurs s’attachent à analyser minutieusement les objets catalogués, à en donner des descriptions qui correspondent à de véritables «diagnoses», si en outre ils ont soin après l’analyse de résumer les vue.» de synthèse dans quelque Introduction ou Conclusion, enfin s’il» adjoignent une bibliographie et des références aux collections similaires. (Ex. Le catalogue monumental des instrumenta de musique chinois au Musée instrumental de Bruxelles, par Victor Mahillon.)

  4. Les descriptions cataloguées permettent d’établir les catalogues de collections déterminées de spécimens ou duplicata comme de simples inventaires renvoyant pour tous détails aux numéros des descriptions faites une fois pour tous.

  1. Espèces de catalogues

Les catalogues sont de diverses espèces:

1° Quant à l’objet auquel ils se réfèrent: a) catalogues des choses; matières, êtres naturels, phénomènes, faits et événements; b) catalogue des documents auxquels ont donné lieu les choses.

2° Quant à l’étendue ou champ couvert: a) catalogue d’existence (l’universalité des choses ou des documents similaires); b) catalogue d’un ensemble, d’un dépôt, d’une collection déterminée.

3° ’ Quant à la forme matérielle: a) catalogue en forme de registre; b) catalogue en forme de fiches.

4*1 Quant au classement: les diverses bases de la classification, matière, lieu, temps, forme, langue, etc., exprimées par les divers types de notation, mots rangés dans l’ordre alphabétique, numéros, symboles, numériques ou littéruux.

  1. Types de catalogues

  1. Catalogues d’étoiles

Les catalogues d’étoiles sont des tables contenant, pour un lieu et une époque déterminés, lu liste des étoiles fixes visibles, avec indication, en regard de chacune, de ses cléments astronomiques, savoir: longitude et latitude célestes ou ascension droite et déclinaison. On a la longue tradition des catalogues d’étoiles d Hipparque (1022 étoiles), Ptolemée, Albategni, Ouloug-Bry, Tycho Brahé, Kepler. Hevelius (1634 étoiles), Flam-stead (2910 étoiles), Lacaille. Vers 1870, grace aux travaux de Lemonnier, Mayer, Bradley, Maskelmé, de Zach, Delambre, Piazzi, Bessel et d’autres, les observa* toires possédaient des catalogues contenant plus de 100.000 étoiles des deux hémisphères, jusqu’à la 12e grandeur, et ensuite les catalogues des nébuleuses dressé par W. Herschcll, Messier, etc. (4000). La connaissance des temps donne chaque année un catalogue des positions d’un certain nombre d’étoiles remarquables avec les variations des ascensions droites et de longitude pour tous les dix jours.

Actuellement les catalogues visuels des étoiles donnent les coordonnées équatoriales de 300.000 de ces astres. Le catalogue photographique embrasse à peu près deux millions d’étoiles. Œuvre colossale, dont l’initiative prise par les Français remonte à 1884. Immense inventaire céleste, qui transmettra aux astronomes de l’avenir l’état du ciel à notre époque. b) Flore et faune. —* Les flores, les faunes, les prodromes sont en Un certain sens des catalogues ou leur prolongement. Ils donnent une description complète des plantes et des animaux, tous ou certaines espèces, d’un pays, d’une région, d’une localité, de leurs propriétés utiles. Ils sont souvent accompagnés de cartes botaniques ou zoologiques, d’étymologie des noms, de tableaux analytiques pour arriver aux noms des familles et des genres, d un tableau synoptique des familles, d’une table alpha bétique des familles, des genres, des espèces et des synonymes. Ils sont accompagnés de figures.

Une société d’Allemagne est en voie de publier le Prodromus du règne animal.

«Das Tier reich» est le titre d’un grand ouvrage de résumé zoologique entrepris par la Société zoologique d Allemagne.

  1. Catalogues commerciaux

Le catalogue est une liste et une description de produits, une présentation au public des qualités commerciales de ces produits. C’est un commis voyageur silencieux. Le catalogue est une publication destinée à amener des affaires. Dans son catalogue le fabricant décrit les avantages et les détails de ses marchandises, les facilités dont il dispose pour fabriquer des produits uniformes et de bonne qualité. Il y uasse en revue les procédé» de fabrication et la perfection de leur fini. Il s’y efforce par tous les moyens en son pouvoir de convaincre le lecteur que les marchandises qu’il fabrique ou qu’il vend sont justement celles qui lui conviennent le mieux, à l’exclusion des autres.

Les catalogues commerciaux ont acquis une grande importance. Les notices donnent des caractéristiques. Les objets sont numérotés: ils portent parfois aussi les mots d’un code conventionnel. Des soins considérables sont apportés: présentation esthétique, illustration abondante, rédaction technique, précision et information scientifique. Les prix, variables, sont souvent indiqués dans une liste distincte du catalogue lui-même.

  1. Catalogues-guides

Une forme nouvelle de catalogues se multiplie. Quand le travail d’inventorier ou de publier toutes les collections dépasse les forces d’argent ou du travail, on établit un guide à travers les collections, guide donnant des indications à la fois sur l’institution, son organisation, ses fonds divers, ses ouvrages importants.

241.6 Tables et tableaux
  1. Notions générales

  1. Il est en voie de s? constituer toute une technique de, table, et du tableau (tabulation). Le texte en lignes continues et paragraphes se dédouble d’une tabulation, texte en colonnes et en cases. Le résultat du tableau. c’est de mieux classer les données par affinités, de leur donner un ordre de suite, directement visible, de mettra en lumière, d’éliminer les lacunes et les répétitions, de faciliter la comparaison, d’ajouter aux corrélations entre les diverses données.

La table consiste donc en une réduction des matières présentées méthodiquement de façon qu’on puisse en voir l’ensemble d’un seul coup d’œil.[^Table vient du latin Tabula, planche, aïs, morceau plat de métal ou de pierre servant à écrire ou graver, d’où écrit, liste, registre et enfin peinture sur un panneau de bois, tableau.] Elles sont souvent de simples résumés et s attachent aux points principaux.

  1. Quand il s’agit de données formant des ensembles, des collections de faits, il y a avantage: 1° à en standardiser la rédaction; 2° à disposer les données en tableaux avec colonnes affectées à chacun des éléments à enregistrer. On peut ainsi les consulter selon des entrées diverses et on obtient une uniformité qui ajoute à la facilité de consultation.

  2. Dans l’imprimerie, on comprend sous la dénomination générique de «Tableaux», tous les ouvrages à colonnes, a filets et à accolades, tels que statistiques, registres, états, tarifs, prix courants, factures, etc. Le tableau est la page encadrée et divisée en compartiments séparés par des filets.

  3. Dans un sens figuré un tableau est un exposé panoramique de l’état d’une chose ou d une question. Ce nom est, avec ce sens, donné à certains documents. Ainsi on estime désirable de voir établir par intervalle un tableau des progrès des sciences en toute matière. (Bilan des Sciences.)

  4. Il y a un grand nombre de catégories ou espèces distinctes de tables. Il n’est traité ci-après que des principales.

  1. Tableaux synoptiques

Les tableaux synoptiques ont pour but de permettre d’embrasser du même coup d’œil les diverses parties d’un ensemble, d’en offrir une sorte de vue d ensemble. Ces tableaux servent soit à faire ressortir clairement une classification, soit à faciliter les comparaisons entre des objets, des temps et des pays différents.

Il existe donc deux espèces de tableaux synoptiques:?o ceux qui ont pour but de mettre sous les yeux un enchaînement scientifique (ex. tableaux des méthodes de Jussieu en Botanique); 2° ceux qui ont pour but de rappeler les faits comparés.

Le tableau synoptique placé à la fin d’un ouvrage, d’un chapitre, d’une leçon. 1° fixe la connaissance; 2° facilite la récapitulation.

Les tableaux facilitent compréhension et mémoire: ils parlent aux yeux. Ainsi par ex. dans la grammaire on a?r tableau des déclinaisons, le tableau des verbes, etc. Spencer a établi d’importants tableaux synoptiques de documents de la sociologie avant d écrire ses principes.[^Spencer. Herbert. Descriptive Sociology or groups of Sociological facts. (En français par James Collier. Paris Alcan. I vol. in-folio.) // H. Spencer a entrepris avec l’aide de 3 collaborateurs de présenter l’inventaire classé des faits sur lesquels doit reposer toute sociologie. Ce«faits ont donné lieu à des tables historiques «ynoptiqurs diverses en colonnes d’après les différents faits, et en extraits textuels d’ouvrages classés d’après le sujet social traité. L’œuvre devait s’étendre aux sociétés non civilisées, aux sociétés civilisées tombées en décadence et aux sociétés civilisées encore florissantes. Un premier volume seul a pu être publié de tout le travail achevé, car Spencer dépensa 4.423 livres et ne recouvrit par la vente que 1,054 livres.]

Condorcet parlait de tableaux synoptiques par lesquels les élèves pouvaient parcourir une véritable encyclopédie.

  1. Tables statistiques

Il est tout un art. le tableau statistique. Cet art s’est développé parallèlement à la science statistique et sous l’empire des grands travaux accomplis par l’Institut International de Statistique en vue de préciser, rendre comparable et étendre les données numériques.

Un tableau statistique est un groupement de données selon un certain ordre très parlant, où les rapports respectifs des données sont indiqués par la place occupée tout autant que par la mention inscrite: tableau des principales valeurs de l’encaisse des banques, etc.

  1. Tables chronologiques

Ce genre de tables dispose les matières en ordre de date. En histoire elles sont nombreuses. Par ex. Table chronologique des chartes et diplômes imprimés concernant l’histoire de la Belgique (Bruxelles 1866–1892, 8 vol. in–4°) par A. Wauters, sous les auspices de l’Académie de Bruxelles.

  1. Tables généalogiques

Ces tables ont pour objet de montrer clairement les liens de parenté, descendance et alliance existant entre membres d’une même famille humaine. Elles ont «ne grande importance dans les dynasties, les familles prin-cières. les familles nobles (voir armoiries, blasons) et, à cause des héritages, dans toutes les familles en général.

  1. Tables diverses dans les sciences mathématiques, physiques et naturelles

En science, on nomme table un cadre renfermant les résultats numériques soit de calculs effectués directement, soit d’expériences. Ce sont donc des séries de nombres ou d’observations que l’on inscrit dans un ordre métho dique pour faciliter les recherches.

1° En mathématiques les tables ont pour objet d’éviter à l’opérateur des calculs longs et pénibles en en donnant les résultats calculés dans les hypothèses aussi voisine" que possible les unes des autres. Tel est l’objet des tables de multiplication, de logarithme, de sinus et de tangente, de fonction elliptique et la table de Pythagore ou table de multiplication donnant tous les produits de dix par nombres simples multipliés deux par deux. C’est le type le plus ancien, le type classique des tables numériques.

2° En astronomie, les tables ont pour origine des calculs fondés soit sur des lois empiriques fournies par l’observation, soit sur des lois mathématiques de la mécanique céleste. Ces tables soumi es à des vérifications journalières servent à guider les praticiens (par ex. les navigateurs).

3° En physique et en chimie, les tables n’ont plus d’autre origine que l’expérience. Les lois de phénomènes étant inconnues, on y supplée par un tableau des valeurs correspondantes, des causes agissantes et des effets produits.[^G. Bigourdan. — I–e climat de la France. 1916. Les tableaux résument un nombre immense d’observations longuement et laborieusement poursuivies par une pléiade d’observateurs, munis des meilleurs instruments. Et les courbes qu’ils ont servi à construire les traduisent immédiatement d’une manière claire. Ils offrent le moyen de connaître pour tel point que l’on veut, les valeurs moyennes mensuelles de la température, de Ilpression rt. presque comme s’il y avait eu là une station météorologique.]

4° Quelle que soit la nature du phénomène réduit eii table, la table est à simple ou à double entrée, suivant que le résultat ou l’effet dépend d’une seule cause ou donnée ou de deux causes ou données.

  1. Une table à simple entrée ne contient que deux colonnes dont l’une renferme la valeur de la cause et l’autre celle de l’effet. Les cases de l’une et l’autre colonne se correspondent d’ailleurs suivant une règle convenue qui naturellement à pour base ordinaire la juxtaposition. Les tables de logarithmes, do sinus, de tangentes, un grand nombre de tables astronomiques, les tables de dilatation des différents corps par la chaleur, etc., sont des tables à simple entrée.

  2. Les tables à double entrée sont formées de lignes plus ou moins prolongées et en nombre plus ou moins grand, selon que l’on a donné plus ou moins de valeur à chacune des causes considérées. En général on les dispose de façon à former un cadre rectangulaire en inscrivant sur une ligne horizontale différentes valeurs de la première cause, sur une ligne verticale la valeur de In seconde cause, et en suivant le résultat dans la case placée à l’intersection de la colonne qui correspond à la valeur de la première cause et de la ligne qui correspond à celle de la seconde. Telles sont: la table de Pytha-’ gore où les deux données sont les deux facteurs du produis; les tables des fonctions elliptiques, où les données sont l’amplitude et l’excentricité.

  3. Une table a triple entrée, c’est-à-dire une table où le résultat dépendrait de ttois données pour être construite d’après le même principe, exigerait les trois dimensions; elle ne serait donc Pas réalisable sur une feuille de papier à moins qu’on n’eut recours aux procédés de la géométrie descriptive. Habituellement on y supplée, ce qui est foin d être avantageux, en formant plusieurs tables à double entrée, dont chacune a pour argument la valeur de la troisième cause.

  1. Tables de constantes numériques

La compilation des données numériques extraites de mémoires divers (coefficients) donne lieu à un type d’ouvrage sui generist

Les Tables annuelles internationales de constantes et données numériques relèvent les données les plus importantes de chimie, de physique et de technologie. — Le vol. IV comprend environ 1300 pages de tableaux. Oq en a éliminé les données qui dépendaient des conditions expérimentales ou ne rapportant à des systèmes mal définis. Les titres des mémoires correspondant et une certaine bibliographie accompagnent chaque tableau. C’est là ce qu’on a appelé la «documentation numérique».

Des Tables critiques internationales des données numériques de physique, chimie et technologie sont publiées aussi par l’U. S. Bureau of Standards. Le Conseil national des recherches américain a créé un comité chargé de la publication des tables ciitiques.

Il serait désirable de voir s’étendre à toutes les sciences la publication de tables de caractéristiques ou constantes. Ces données essentielles dans la constitution des sciences sont éparses dans un grand nombre d’ouvrages et de périodiques. La documentation nécessite sans cesse le groupement et le regroupement des données acquises, leur systématisation, leur critique, leur publication limitée A feîfe ou telle classe de donnée*.

  1. Tables des lois de la science

1?s est désirable de posséder pour chaque science un répertoire méthodique et concis des grands faits établis, un recueil des lois qui serait pour les idées générales de cette aciencc ce que sont, par ex., pour les faits les recueils de constantes numériques. Parmi les prétendues loi» et les soi-disant règles universelles, il y a lieu de faire un triage sévère des données pour chacun des principes énuméré», des sources bibliographiques permettant de remonter aux origines, de les appuyer de quelques exemples types et d’indiquer les exceptions, de distinguer avec soin ce qui est vraiment général de ce qui est seulement établi dans quelques cas, ce qui est prouvé de ce qui ne»t que préalable. Léo Ejrera Revue de l’Université de Hruxelles, juillet 1898, p. 34. Le «Recueil des lois de la biologie générale de M. Herrera, 1897, Mexico 147 –4-XII p., est un e*»ai de codification de la biologie en loi» et sous-lois.

  1. Autres Tables

Les tables et index des matières placés in fine des ouvrages; les tables de rlasnîfication, scientifique ou bibliographique et les tableaux systématiques des sciences, les bibliographies et les catalogues qui énumèrent et décrivent les ouvrages à divers points de vue, ne sont que des espèces particulières de la famille des tables en général.

Il en est traité ailleurs.

  1. Tableaux graphiques. Atlas

  1. Les tableaux graphiques combinent à la lois des textes concentrés et disposés synopliquement, des images de tous types obéissant aux idées de la meilleure compréhension. Il réalise l’exposé rapide, complet, frappant, agréable, facile à mémoriser. C’est l’économie du temps qui intervient.

Visualiser de plus en plus les données s’impose comme une loi nécessaire. Les efforts de notre temps se réclament de ceux du célèbre pédagogue tchèque J. A. Comenius (Komenski) qui, pour réaliser le principe pédagogique qu’il avait énoncé en ces termes lapidaires. «les mots avec les choses, les choses avec les mots», publia au XVIIe siècle le premier livre d’instruction avec des illustrations: Orbit sensualium pleins (1648). Il classait les connaissances primaires, les énonçant en phrases courtes, en diverses langues, et en regard présentait des images représentatives des choses et des idées que les mots exprimaient. C’est la première tentative d’enseignement intuitif. Elle eut un succès prodigieux.

Quand l’Abbé de l’Epée, s’aidant des Initiatives de Pereira, publia son «Instruction des sourds-muets par la voie des signes méthodiques» (1774) et son «Dictionnaire général des signes employés dans la langue des sourds et muets», il était parti de cette proposition:

«Faire entrer par les yeux dans l’esprit dea élèves, ce qui est entré dans le nôtre par les oreilles.»

La supériorité de la visualisation e»t grande sur la parole et sur l’écrit qui présente les abstractions de son texte.

On est arrivé à faire un tableau idéologique comme on fait un tableau peint: le peintre choisit un sujet bien délimité et le réalise en peinture. Par Uk Il peut se concentrer et achever, par la répétition accumuler toute une œuvre. Qui écrit, produit, enseigne n’a que l’article, la brochure ou le livre. II est conditionné par les difficultés d’impression. Avec le tableau idéologique il peut attaquer le travail de toutes parts et achever des exposés dont il pourra ensuite établir ou compléter la série.

  1. Il y a tout un ensemble coordonné de moyens d’il-* lustration. On peut prendre un sujet (par ex.: le corps humain) et l’envisager à l’aide de photographies en noir et de photographies en couleur, par la reproduction d’anciens dessins, par les schémas, par les rayons X, la photographie nu microscope, le diagramme, les cartes de répartition, etc.

  2. Formes des atlas. — Le terme atlas s’est généralisé.

Il s’est appliqué tout d’abord à une collection de cartes reliées. Il s’applique maintenant également à des recueils?s de planches ou tableaux se rapportant à une question spéciale. Le terme atlas tend ainsi à exprimer une forme générale. Ex.: Atlas photographique du Rhône de A. Challey. Atlas of Physiological Chemistry de Funkc. Atlas de microbiologie. Un atlas de la lune de Levy et Poi-seux construit à l’échelle de 1 millimètre pour 1,800 mètres. Atlas anatomique.